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Published on février 4th, 2012 | by Alexandre Jouan

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La Gameboy

   Formes massives, couleurs ternes, graphismes archaïques, le pavé grisâtre que nous martelions jadis dans les cours de récré a fait son temps. Console obsolète devenue objet de collection, relique des premiers âges du jeu vidéo en extérieur, la Gameboy est un objet culte du début des années 90.

 

La Gameboy, c’était quatre boutons (A,B, Select et Pause), des dimensions imposantes et un écran LCD noir et blanc (ou plutôt noir et vert) sans rétro-éclairage. C’était aussi des mélodies mémorables au format midi (la mélancolique mélodie de Tetris, l’intemporel air enjoué de Mario, l’épique berceuse de Zelda…). Et puis un design et des performances simplistes au possible. Grâce à cette simplicité, c’est aussi une console de poche relativement petite. Comparée à tout les petits joujoux dont nous jouissons aujourd’hui, le mot relatif est plutôt bien trouvé. En effet, on aurait du mal à la faufiler dans une poche de pantalon slim !

 

Pour l’histoire, la fameuse console portable de Nintendo fait son apparition au Japon et aux Etats-Unis en 1989, et chez nous le 28 septembre 1990. Elle s’est depuis écoulée à 118 690 000 exemplaires et est la troisième console de jeux la plus vendue de tous les temps, derrière la Nintendo DS et la Playstation 2. Elle sera produite jusqu’en 1998. Mais la console portable de Nintendo était pourtant très limitée, même pour l’époque : un processeur  2,2MHz (pour info, les consoles HD actuelles jouissent de processeurs 3,2GHz, soit 1450 fois plus puissante). Il est vrai que Nintendo aurait pu à l’époque munir son appareil d’un écran couleur, mais opta pour un écran noir et blanc. Ces faiblesses techniques sont néanmoins un mal pour un bien, car elle sera vendue à faible prix, et donc accessible à un très large publique.

 

Son immense prospérité est donc due à la politique low cost adoptée par Nintendo : la console était vendue à 590 francs (soit 89,94 euros) et les jeux à 195 francs (29,73 euros). Une misère, comparé au prix des consoles actuelles. Sega, de son côté, décide de concurrencer la Gameboy. La colossale Gamegear, par sa taille, sort en 1991 avec un écran couleur et des capacités égales à celle de sa console de salon Megadrive. Néanmoins, ces prouesses techniques ont un prix. En effet, l’autonomie de la Gamegear se limite à trois heures avec six piles R6. Avec deux alcalines de moins sous le capot, la Gameboy en tient facilement le triple… Moins onéreuse à l’achat et à l’utilisation, la firme de Kyoto détient la recette du succès Gameboy.

 

Son succès est également dû à l’abondance de jeux qu’elle proposait. Bien qu’à sa sortie, elle ne proposait qu’un choix limité de quatre jeux, dont celui du moustachu italien Super Mario Land, Nintendo proposera à terme 646 jeux pour sa console portable. Certains d’entre eux connaitront un immense succès auprès des joueurs, comme Metroid 2 : Return of Samus sorti en 1991, et les quatre millions d’exemplaires vendus de Link’s Awakening. Mais l’histoire de la Gameboy est surtout marquée par deux jeux : Tetris, créé non pas par un japonais ou un américain, mais par le soviétique Alexey Pajitnov (ceci explique peut-être les graphismes rigides et la musique mélancolique!) disponible à la sortie de la machine et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires. Et, en 1996, Pokemon, avec 31,37 millions de jeux écoulés, aura l’honneur de relancer par la même occasion les ventes de la Gameboy.

 

La portée culturelle de la Gameboy est immense: certains la réutilisent comme instrument de musique, d’autres la recyclent en électrocardiogramme (authentique), d’autres encore s’en inspirent pour des oeuvres artistiques… Une console qui a marqué notre jeunesse, et qui a vécu dix ans, sans parler du fait que les inconditionnels s’y adonnent encore aujourd’hui avec nostalgie. Une durée de vie remarquable à une époque où les technologies vidéo-ludique évoluent à une allure diligente. Et pourtant, même si Nintendo a estimé qu’il était temps de lui faire tirer sa révérence et laisser la place à la Nintendo DS, et même vingt ans après, elle restera durablement dans nos coeurs.

Le saviez-vous ?

  • Bien qu’usuellement on emploi le féminin pour parler de la console, on peut lire dans le mode d’emploi que le terme de GameBoy devrait être masculin. Officiellement, il faudrait dire un Gameboy.
  • Aussi étonnant soit-il, Nintendo Compagny fut créé en 1889. A l’origine, la société produisait des cartes à jouer traditionnelles japonaises : les hanafuda. Ce n’est que dans les années 1970 que Nintendo se lance dans le jeu vidéo, avant de s’y consacrer intégralement dans les années 1980.


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